Le développement durable à mes yeux

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Ma petite fille Mary pointe un arbre dans la cour.

« Da da ? » demande-t-elle.

Elle a un an et elle ne demande pas si l’arbre est son père.

« C’est un arbre », lui dis-je. Mary vient de commencer à dire quelques mots et ce qui a l’air d’être « Da da » est en fait un effort pour dire « quoi ça ».

Elle se pointe du doigt. « Tu es Mary », lui dis-je.

Il y a quelques mois, nous avons ramassé toutes les feuilles qui étaient tombées sur le terrain et les avons mis dans de grands bacs. Ensemble, nous les avons étendues sur le jardin potager dans la cour arrière pour protéger le sol contre les pluies hivernales. Au printemps, nous les mélangerons à la terre, nous ajouterons du compost et nous recommencerons notre potager.

« Da da ? » m’avait-elle demandé alors.

« Ce sont des feuilles », lui avais-je répondu.

Il y a de nombreuses définitions du développement durable. Pour moi, cela consiste d’abord à comprendre que nous sommes tous interreliés. Des feuilles sur les arbres au compost de nos jardins et aux légumes que nous récoltons et consommons avec les membres de notre famille.

J’espère que grâce au temps que nous passons ensemble, Mary comprendra combien nous sommes tous interreliés. Qu’elle comprendra, quand nous mangerons nos légumes l’été prochain qu’une partie de ces légumes vient de l’arbre même qui se trouve devant la maison, et que nous faisons partie de ce cycle.

De nos jours, une partie du défi consiste à comprendre notre lien avec la nature. Il n’a jamais été si facile d’être complètement déconnecté. À certains moments, il semble que nous avons un lien plus étroit à l’emballage qu’avec les fermes, les collectivités, les plantes et les animaux qui produisent notre nourriture ou qui la composent. Les effets de nos décisions mal éclairées ajoutent aux problèmes qui nous assaillent en tant que collectivité mondiale.

Pourtant, il existe différentes petites occasions – dans nos maisons, dans nos jardins – de nous rappeler ce qui a de la valeur à nos yeux et la façon de vivre notre vie. Mises ensemble, ces mesures modestes s’additionnent et acquièrent de la puissance. Une partie du développement durable consiste à connaître, à se rappeler et à enseigner ces choses.

C’est ce que je me dis tandis que je transporte le dernier bac de feuilles jusqu’au jardin potager et que je commence à avoir mal au dos. C’est aussi ce que je me dis lorsque je fais des emplettes pour acheter les produits que nous consommerons en famille, lorsque nous appuyons des organisations durables et lorsque nous nous assoyons ensemble pour manger et parler des aliments que nous consommons.

Nous ne faisons pas ces choix à la légère et, bien sûr, ils ne sont pas toujours faciles. Mais nous les faisons parce que nous savons que le prix à payer pour prendre est de redonner. Lorsque nous le faisons, c’est parce que nous voulons un meilleur avenir pour nous-mêmes et pour les autres. Parce que quelqu’un nous l’a montré un jour. Parce que nous savons et nous comprenons les répercussions de nos actes et parce que nous choisissons de nous en rappeler.

Au printemps, Mary et moi allons planter nos légumes ensemble pour la première fois. J’ai bien hâte. L’été dernier, nous avons conservé des graines de nos plus belles tomates et l’ail que nous avons planté à l’automne provient d’une partie des Kootenays, d’où vient aussi ma femme Katie.

Je suis certain qu’elle me posera encore des questions, cette fois dans un meilleur anglais, au sujet de notre potager. Je lui dirai que notre jardin nous inclut également toute la famille, et que c’est un processus qu’il ne faut pas oublier. J’espère que c’est une activité que nous ferons ensemble longtemps. Tous ces petits efforts qui s’additionneront en vaudront alors bien la peine.